L’histoire extraordinaire d’un caisson d’artillerie Russe

Des vestiges de l’armée allemande sortis de la Seine, près de Rouen

Au cours de travaux préparatoires pour améliorer les accès au Port de Rouen, des vestiges de l’armée allemande ont été trouvés. Le Port offre ces reliques au musée de Duclair.

Publié le 15 Nov 13 à 15:54

Dans le cadre de travaux préparatoires à l’amélioration des accès maritimes au Port de Rouen, par l’approfondissement du chenal menant de l’estuaire jusqu’à Rouen, le Grand port maritime de Rouen (GPMR) a entrepris plusieurs chantiers de localisation, d’identification et de relèvement d’obstacles dans la Seine. Le relevage a été effectué par l’Entreprise de travaux public de l’ouest (ETPO), sous la maîtrise d’œuvre du Grand port autonome. Parmi ces objets se trouvaient trois reliques de l’armée allemande de 1944.
Une fois sortis de l’eau, les trois vestiges qui se trouvaient au large d’Heurteauville, de Jumièges et de Yainville, ont été conservés et entreposés par le service atelier et dragages sur les terrains du Grand port autonome de Rouen, ceci en coopération avec la Direction régionale des affaires culturelles. Ils ont ensuite été identifiés.

Un bateau qui a servi à transporter les Allemands

L’objet le plus volumineux est un bateau qui était en service au bac de Yainville. Cette vedette était couplée à un bac flottant et assurait ainsi sa propulsion. Ce navire a été coulé avant la retraite allemande d’août 1944. Un marin allemand a été tué à bord et un Français y a été blessé.

 

Les bacs en 1944

Ce bac faisait partie d’un ensemble de transports qui assuraient le passage des troupes de l’armée allemandes, pour, dans un premier temps, permettre aux renforts de se diriger vers le front de Normandie, puis, dans un second temps, d’assurer la retraite des combattants allemands à partir de la mi-août 1944.
Nombreux étaient les passages : Quillebeuf-sur-Seine, Vatteville-la-Rue, Caudebec-en-Caux, La Mailleraye-sur-Seine, Heurteauville, Duclair, Rouen et son agglomération, mais aussi Oissel, Elbeuf, Poses… pour ne citer que les bacs et autres moyens de franchissement les plus importants.

Extraits d’actualités allemandes d’époque montrant des images du repli allemand autour de Rouen :

Les allers-retours se faisaient d’abord de nuit, pour échapper aux chasseurs-bombardiers et bombardiers alliés qui voulaient couler les bacs. À mesure que le front se rapprochait et que les troupes se massaient sur la rive sud de la Seine, les voyages se faisaient aussi bien de jour comme de nuit.

Également deux chariots…

Les deux autres vestiges sortis des eaux sont des chariots. Le premier est un caisson d’artillerie capturé à l’armée russe. Les troupes allemandes utilisaient beaucoup de matériel de prise. Il était vide. Le second est un chariot hippomobile contenant du matériel de transmission.

Le Port offre ces objets au musée de Duclair

Pour éviter la destruction de ces pièces historiques, le GPMR a souhaité trouver un lieu pour que ces témoins du passé puissent être conservés. Ainsi, lundi 25 novembre 2013, un camion grue et un porte-char vont charger le caisson russe et la vedette afin de les transporter jusqu’au musée Août 1944-L’enfer sur la Seine, au Château du Taillis, à Duclair.

Source de l’article:  journal actu76
https://actu.fr/societe/images-des-vestiges-de-larmee-allemande-sortis-de-la-seine-pres-de-rouen_347600.html

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Notre club HVCA a demandé au Château du Taillis si l’on pouvait récupérer le caisson russe pour une restauration permettant ainsi de tirer notre canon FK96na.  Le Château du Taillis a demandé l’accord du port autonome de Rouen qui a accepté.

Nous avons retrouvé la photo de ce même caisson russe durant la bataille de Normandie.

Nous avons commencé la restauration début novembre 2018.

Ce caisson d’artillerie russe ainsi que bien d’autres  ont certainement été récupérés par les Allemands lors de l’invasion de 1941. Ces derniers les ont fait modifier pour pouvoir les tracter avec  des chevaux et installer un nouveau crochet d’attelage pour tirer leurs canons.

On remarque la modification sur les photos plus bas. Deux fers en U ont été installés de part et d’autre du caisson pour fixer d’un côté le timon et de l’autre le crochet. Deux autres petits crochets ont été fixés sur les côtés avants pour accrocher les bas-culs. On a pu déterminer la date de fabrication du caisson qui est de 1939, frappée sur un écrou de serrage de moyeux.

Les deux moyeux avec les roues sont démontables ensemble comme pour une petite remorque IF8.

Voici un petit diaporama de l’avancée des travaux de restauration.